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Mon enfantement : Voyage en cœur de confiance

Dernière mise à jour : 16 oct. 2025


Donner la vie est un privilège extraordinaire. Quelle chance ont les personnes qui portent un utérus : ce pouvoir unique de porter un enfant, de créer un être humain dans l’intimité de leur corps. Mais même lorsqu’on ne désire pas enfanter, même lorsque la maternité ne fait pas partie de nos projets, nous restons des êtres cycliques. Nos corps connaissent des rythmes, des saisons, des vagues de créativité et de transcendance profonde.

L’enfantement est pour moi un de ces portails des possibles. Une expérience qui dépasse de loin le simple fait d’accoucher. Par ce passage, on entrevoit l’immensité de la vie, la profondeur de nos forces, et parfois même le mystère de notre propre identité.

Qui suis-je vraiment ? Qui étais-je avant ? Et qui suis-je en train de devenir ?

Car il y a un avant et un après.

À travers l’intensité, j’ai senti que tout était balayé : mes illusions, et toutes les « prises » que j’avais construites pour « me sentir » en sécurité. Comme si l'enfantement avait opéré un grand nettoyage intérieur.

 


Un enfantement comme guide spirituel

Il a été magique, non pas parce qu’il a suivi un « plan parfait » ou que c'était facile, mais parce qu’il m’a apporté une infinité d’apprentissages et de réflexions.

Il m’a révélé mes schémas de pensée, mes comportements automatiques, mes résistances. Peu importe où l’on accouche – à l’hôpital, en maison de naissance, à domicile – et peu importe si le scénario que l’on avait imaginé est respecté ou non, il y a toujours des prises de conscience possibles. Elles surgissent souvent au moment même où l’on est le plus vulnérable.

L’enfantement est un miroir sans concession : il nous oblige à regarder ce qui est là, en nous, sans pouvoir détourner le regard.

 


La question de la confiance

À travers ce portail, j’ai découvert combien je donnais de pouvoir aux aides extérieures : les personnes qui m’accompagnent, mais aussi les objets et rituels auxquels j’attachais de l’importance. Mes petits « grigris » : une pierre protectrice, un remède Rescue, une playlist de mantras, l’ambiance particulière que j’avais imaginée pour ce jour.

Tout cela m’aidait, bien sûr. Mais j’ai compris que la véritable possibilité de lâcher-prise ne réside pas là. On croit souvent que lâcher prise, c’est s’abandonner, surrender.

Mais en vérité, le lâcher-prise naît de la confiance en soi.

C’est une base immuable, solide, que personne ne peut nous enlever.


La vraie et seule question aurait pu être :« Ai-je confiance en moi ? Crois-je vraiment que je peux le faire ? »

C’est là-dessus que j’aurais pu méditer pendant mes neuf mois de grossesse.

Pas sur des détails logistiques ou symboliques, mais sur cette seule évidence : moi et ma puissance intérieure.

Car oui, je peux. Oui, j’ai en moi la capacité de donner naissance. Même sans massages, sans ambiance, sans validation extérieure. Ces choses sont belles, très soutenantes, mais elles ne sont pas essentielles et ne valent rien si en nous la confiance est fragilisée.

L’essentiel, c’est ma lumière intérieure. C’est ma foi en ma propre force.

 


Parler à bébé

Durant le travail, je me suis connectée à la puissance de la relation avec mon bébé. Dans l’intensité ça peut nous arriver d’oublier que nous ne sommes pas seules à faire cette traversée. Le bébé aussi agit, avance, se met au monde. C’est un duo.

Je lui ai parlé :« Je te désire dans ma vie. Viens dans mes bras. Viens comme tu le souhaites, tu es déjà aimé et bien plus encore. Tu es respecté. »

Ce dialogue intime a tout changé. Il m’a rappelé que je n’étais pas en train de « subir » mes contractions. Que personne ne devait venir me "sauver".

Mon bébé travaillait avec moi, nous faisions équipe.

Et quelle puissance ont ces petits êtres ! Ils sont tellement reliés au grand Tout, tellement conscients de ce dont ils ont besoin. Encore faut-il leur prêter l’oreille.

J’ai senti que ces mots nous donnaient confiance. Et moi, j’ai dilaté.

Comme si mes mots étaient la clé, un « shazam ».

 


Les doutes qui vont et viennent

Bien sûr, la confiance n’est jamais acquise une fois pour toutes. À chaque instant, le doute peut resurgir. Un mot dit par quelqu’un, une proposition médicale, un changement de rythme, un regard à l'horloge… et soudain, l’élan est freiné.

Je me souviens de ce moment où l’on m’a parlé d'heures, de chiffres. Tout a ralenti. Mon mental s’est agité, ma sérénité a vacillé. Mais je savais, au fond, que tout allait bien.

Dans ces moments-là, j’ai appris à me tourner vers mon corps :« Qu’est-ce qui se passe ? Quels sont mes mouvements intérieurs ? ».

Dialoguer avec soi-même, écouter sa boussole intérieure. Et elle peut nous dire de faire quelque chose complètement inattendue et à l’opposé de ce qui est proposé.

 


Retisser la confiance en soi

Enfanter m’a appris que mes intuitions sont fiables.

Mais pour cela, il faut réapprendre à tisser ce dialogue intérieur. Dans une société qui valorise l’expertise extérieure, on oublie que notre corps sait déjà. On nous apprend à nous méfier de lui, à douter de ses signaux.

Or l’accouchement nous remet face à cette vérité : il n’y a pas de sauveur. Personne ne peut enfanter à notre place.


C’est pourquoi lors de mes accompagnements je veux aider les personnes à faire des choix éclairés et respectés, qui leur appartiennent. Et pour cela il faut que la personne qui enfante ai la confiance en sa propre capacité à faire ces propres choix au moment T. Même si les choses ne se déroulent pas comme prévu, même si la douleur, la peur ou les interventions médicales prennent plus de place qu’espéré, qu’elle puisse demeurée présente à elle-même. Voilà le rôle essentiel d’une doula. C’est ma mission.

Et malgré la complexité du vécu, permettre à la personne de garder son intégrité et parfois même de trouver dans l’enfantement une expérience de transformation intime.

Car enfanter, ce n’est pas seulement « mettre un enfant au monde ». C’est aussi mettre au monde une nouvelle version de soi.

 

Je n’ai pas seulement donné naissance à mon fils. Il m’a aussi donné la vie.

Car à travers lui, j’ai découvert une puissance insoupçonnée. À travers lui, j’ai appris à me faire confiance, à me relier à l’essentiel, à m’aimer dans ma vulnérabilité, ma plus grande des fragilités. Et j’ai compris que nous étions deux à avoir traversé ce passage. Deux à avoir évolués. Deux à être nés.

Lui, dans ce monde. Moi, dans une nouvelle version de moi-même.

Et ce bilan ne se fait pas toujours comme un déclic immédiat. Il peut mettre plusieurs jours, semaines à être constaté.

Une doula aide à tisser tous ces apprentissages même en post-partum, et éventuellement aide à refermer ce vortex qui a été grand ouvert.

 

 

En guise de conclusion

Mon accouchement m’a appris que le corps est un guide fiable. Que la confiance en lui, en soi est la racine de tout lâcher-prise. Que la confiance qu’on a en notre bébé, « qu’il.elle a la force et la sagesse de naître » (Karine Langrois), change tout. Que chaque naissance est un portail vers de l’ancien au renouveau.

C’est une expérience intime, bouleversante, parfois d’une intensité douloureuse, mais toujours sacrée.

Et aujourd’hui encore, je sens ce portail intérieur toujours vibrant. Comme un rappel : je suis capable. Nous sommes capables.

 

 
 
 

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