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Le mouvement, la danse et moi

Dernière mise à jour : 16 oct. 2025


Depuis toujours, la danse fait partie de ma vie. J’ai toujours eu besoin de m’exprimer à travers le corps. Petite, je passais des heures à grimper aux arbres, à courir pieds nus, à imiter les animaux, à monter les marches d’escaliers à quatre pattes. Pour moi, c’était du jeu ; aujourd’hui je me dis que c’était déjà une forme de danse.


Vivant en Nouvelle-Calédonie, le lien à la nature, à l’extérieur est tout naturel et directe. A travers mon imaginaire, j’explorais la longueur de mes bras s’étirant comme des ailes d’oiseau, mes mains creusant la terre, ou encore mes pieds bondissant me permettant de planer. C’était une manière instinctive de me relier au monde, d’habiter mon corps et de me sentir libre.


Très vite, j’ai senti que le mouvement était plus qu’un simple déplacement : c’était une langue vivante, un dialogue intime avec la nature, une façon de dire « je suis là » sans avoir besoin de mots.

Aujourd’hui encore, cette évidence m’accompagne : être à l’aise dans son corps, sentir ses mouvements libres, c’est bien plus qu’un confort. C’est un socle, une fondation sur laquelle je construis ma vie.

 


Le mouvement est un langage universel. Avant de parler, nous bougeons. Dès la naissance, le mouvement est notre premier moyen d’expression. Un bébé pleure, s’agite, se recroqueville, s’étire : chaque geste est porteur de sens. Bien avant de former des mots, le corps traduit nos besoins et nos émotions.


Petite aparté : D’ailleurs, je trouve que mon écoute des besoins de mon enfant était très pointue lorsqu’il ne parlait pas encore. Je lisais son corps, son visage pour répondre au mieux à ses besoins et je pouvais sentir que j’étais en connexion avec lui. Parfois, maintenant qu’il parle, je me surprends à vouloir « comprendre » ce qu’il veut. Plutôt que le sentir. C’est comme ça dans notre société moderne, on cérébralise; et beaucoup d’autres facteurs sont en cause. Mais notons quand même la puissance de la relation non-verbale.


La joie, par exemple, nous fait bondir, sautiller, ouvrir grand les bras. La peur, au contraire, nous rétracte, nous tend. La tristesse ralentit nos pas, pèse sur nos épaules. Même les plus infimes émotions se traduisent par des micro-mouvements : une respiration qui s’accélère, un froncement de sourcil, une main brusque.


Le mouvement est un langage universel : il traverse les cultures, les âges, les époques.

Nous n’avons pas besoin d’apprendre à bouger pour exprimer la vie qui circule en nous.

C’est inscrit dans notre corps. Bien entendu chaque culture à sa façon, mais c’est quelque chose que l’on apprend plus tard.


La danse met en lumière ce qui existe déjà. Elle permet de rendre visible, de partager et de célébrer ce que chacun·e vit à l’intérieur. Mais au fond, le mouvement appartient à tous et toutes, pas seulement aux pros. Et c’est là que réside une idée essentielle : nous sommes tous des corps en mouvement, n'est-ce pas? Même assis, immobile en apparence, notre sang circule, nos cellules vibrent, notre souffle nous traverse. L’immobilité n’existe pas.

 


Mouvement, blessures et guérison

Mon parcours de danseuse professionnelle m’a offert de magnifiques expériences, et quelques challenges qui a mit le corps à rude épreuve. Les blessures sont inévitables.

Je me souviens d’une bursite au genou qui a duré plusieurs semaines. Les médecins m’avaient conseillé le repos absolu. Mais très vite, j’ai ressenti que ce n’était pas la voie qui me convenait. Mon corps me réclamait autre chose : pas des mouvements brusques ni amples, mais de petites explorations, comme tester doucement la mobilité restante, sentir la limite, écouter les micro-signaux.

Plutôt que d’arrêter complètement, j’ai choisi d’habiter ma blessure différemment. Je bougeais lentement, en conscience, cherchant à maintenir une forme de vitalité.

J’ai découvert que la guérison ne venait pas forcément de l’arrêt, mais d’un mouvement adapté, respectueux, patient. Ca redéfinissait la notion de "repos".

Cette approche m’a transformée.


Elle m’a appris que le mouvement n’est pas seulement une forme d’expression ou de performance : c’est aussi un outil de régénération.

Parfois la peur et la rigidité se dissimulent derrière "l'immobilité". Le mouvement conscient invite la circulation, l’adaptation et ouvre à la confiance.


Je crois profondément que le corps a une intelligence propre. Si on lui fait confiance, si on l’écoute, il sait trouver son chemin vers la guérison. Mais pour cela, il faut accepter de sortir du schéma « tout ou rien » : soit l’arrêt complet, soit l’effort excessif. Entre les deux, il existe une infinité de nuances, une danse subtile qui permet au corps de se ressourcer.



Mon enfantement a approfondi ma vision

On dit souvent qu’il faut bouger pour aider bébé à faire son chemin, et c’est une vérité. Mais dans l’intensité des contractions, je n’en avais parfois ni la force ni l’envie. Pour moi, ne pas bouger paraissait impensable. Et pourtant, j’ai découvert que le mouvement peut être invisible à l’œil nu.

Après plusieurs heures à trembler de façon incontrôlable, où je ne comprenais pas ce qui m’arrivais, j’ai pu me laisser traverser par ces tremblements qui sont aussi du mouvement.

Mon corps avait choisi pour moi. Ce n’était pas cérébral mais mon corps à l’œuvre, gérant l’intensité et nettoyant les traumas archivés afin de laisser passer mon bébé.


Sentir la circulation des fluides, percevoir la souplesse des articulations, sentir le mouvement du bébé lui-même : tout cela était déjà du mouvement.

Pendant ces 30 heures, j’ai pu incarner une vérité profonde : le mouvement n’est pas toujours ample et visible.

Le mouvement ce n’est pas une histoire de mouvement. C’est avant tout une sensation, un dialogue intime avec le corps.


Je me souviens être dans la piscine d’accouchement et juste me laisser porter et flotter dans l’eau, juste sentir les ondulations de l’eau contre mon corps. J’ai vu la mer sous un clair de lune me porter et m’accompagner, me berçant à chaque contraction. Comme des vagues elles me passaient sur le corps ou même à travers. Et c’est ça le mouvement qui m’a aidé.



Le corps intelligent

Reprendre un dialogue conscient avec son corps et son langage c’est commencer par laisser le corps faire par lui-même, redonner sa juste place à la tête, à l’intellect – c’est-à-dire en tant que partie "x" du corps et pas en tant que leader. C’est reconnaître l’intelligence de chaque partie du corps.

Parfois, un coude « comprend » bien plus qu’on ne l’imagine, et le bassin peut être un espace savant inexploré.

Dans mes accompagnements – qu’il s’agisse des suivis pour les personnes enceintes, d’ateliers ou de cercles – c’est cela que j’ai envie de transmettre : se reconnecter au corps, écouter ce qui est déjà présent, savourer le mouvement intérieur.

Plus on s’ouvre à cette observation, plus on se sent relié au Tout, à la nature, au divin en nous. Même avec un corps « imparfait » (comme l’entend notre société moderne) ou "fragilisé", le mouvement reste là : dans une émotion, une montée, une redescente, tel notre boussole intérieure.



Préserver l’écoute du corps

Je crois que le plus beau cadeau que nous puissions offrir à nos enfants, c’est cette écoute. Les enfants l’ont naturellement : ils explorent, ressentent, expérimentent. Notre rôle est de préserver cette connexion, surtout dans un monde où l’on s’éloigne de plus en plus du corps, happé par les écrans, la vitesse, l’industrialisation.

Revenir au corps, c’est revenir à l’essence même de l’être humain. Car nous sommes sur cette Terre en tant qu'êtres incarnés. Et grâce à nos enfants nous pouvons revivre cette spontanéité corporelle. Ils·elles sont dans le moment présent, car il·elles sont pleinement dans leur corps. C’est une chance, inspirons nous!


Être en mouvement, ce n’est pas seulement « bouger » comme nous le dit les publicités mainstream.

Bien sûr pratiquer du sport, de l’exercice c’est très bon, mais ça peut aussi être mauvais quand c’est fait sans l’écoute essentielle des besoins du corps.

Au-delà de bouger, c’est une sensation de liberté intérieure qui nous permet de reconnaître que nous faisons partie du vivant.

Et on a pas besoin de cocher toutes les cases de l'athlète de haut niveau pour ça.

Cette sensation de liberté intérieure c'est le corps qui sait, et parfois mieux que la tête, comment trouver l’équilibre.

 
 
 

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